Bernard Tribondeau



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Ca, c'était avant... 25 ans avec Photoshop

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Cette image, c'est une photo de Aaron Siskind, extraite de sa série sur des plongeurs immortalisés en plein élan. Une très belle et exhaustive rétrospective, lapremière en France, sur ce (mé)connu artiste américain vient de se terminer à Montpellier, sur les cimaises du Pavillon Populaire. Grâce soit rendue à Gilles Mora, commissaire de l'exposition, d'avoir porté au public l'oeuvre de ce grand théoricien de l'image.
Mais cette image, c'est aussi un témoignage d'avant. D'avant Photoshop. La prouesse photographique de Siskind, corps en envol, flou de mouvement parfait, « détourage » sur fond blanc immaculé, grain noir et blanc subtil, peut paraître bien anecdotique à ceux qui sont nés avec le logiciel d'Adobe dans leur berceau photographique. Et pourtant. Ayant connu les deux époques, et la transition existentielle pour beaucoup entre l'avant et l'après, Dieu sait quels trésors d'habileté et de patience il fallait pour arriver à ce résultat graphique époustouflant.
Pêle-mêle me reviennent des souvenirs de ma période argentique. Comme cette fois où, présentant mon dossier d'images noir et blanc à Pascal Dolémieux lors d'un workshop,
(voir mon post de l'an dernier “Oh mon labo”) celui-ci me gratifia d'abord d'un : « Ah, là on est dans autre chose, c'est de la photographie littéraire… » - ce qui intérieurement conforta mon égo démesuré - hélas immédiatement suivi de : « Mais dis donc, tu as fait tes tirages chez le coiffeur ! » - terrible vérité qui doucha sensiblement mon enthousiasme. Il faut dire que, si je pratiquais assidument le tirage noir et blanc dans mon labo, j'étais plutôt un piètre retoucheur. Les multiples pétouilles inhérentes à tout agrandissement avaient très vite raison de mon impatience, et ce malgré l'aide du pinceau et du gris neutre, ou encore de malins stylos feutres spécial retouche, aux 50 nuances de gris avant l'heure… Il va de soi que j'ai vu l'arrivée de Photoshop d'un bon œil, adoptant le logiciel dès sa version 3.0 au début des années 90.
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A cette époque, je pratiquais encore la photographie en amateur, gagnant ma croûte comme directeur de création publicitaire. Comme tout à chacun, je suis passé de la gomme gutta, du rötring, des planches de compo et du montage et retouche photo sur dye-transfer, à la baguette magique et à la fonction lasso de Photoshop, ainsi qu'au PDF tout chaud à livrer au flasheur.
Ce passage à la modernité ne s'est pas fait en un jour, donnant un peu de répit à des professions vouées à disparaître. Et provoquant également quelques couacs rigolos. J'avais réalisé avec Marc Garanger une campagne publicitaire pour un grand fabricant d'optique. Marc, comme à son habitude ultra-méticuleux, avait multiplié les prises de vues sur ektas, réalisées parfois dans des conditions lumineuses acrobatiques. Il avait fallu néanmoins sur deux ou trois visuels, réincruster des images issues d'écrans d'ordinateur, ou encore mettre au premier plan d'un groupe de personnages l'image d'un astronaute shootée auparavant. Je me souviens encore des débats épiques avec le client, le retoucheur, le photograveur, tout cela dans une course contre le temps pour respecter les délais de parution, et en arriver à un résultat digne aujourd'hui d'un enfant de 8 ans maniant pour la première fois un logiciel d'images… et pour un coût de réalisation à faire pâlir tout cost-controller qui se respecte.
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                                  Marc Garanger et myself en pleine prod…
Allez, pour finir sur les souvenirs d'ancien combattant : utilisant Photoshop avec dextérité depuis quelques mois, je m'étais lancé dans un montage d'images osé qui m'avait occupé durant quelques jours. Au moment d'importer ce joyau graphique dans Xpress (paix à son âme moribonde), quel ne fut pas ma surprise de voir que mon chef d'oeuvre nécessitait un agrandissement à 500 % au mieux pour respecter ma mise en pages. J'avais juste oublier de réaliser le visuel à la bonne résolution, et tout était à refaire… Joies et peines de la découverte !
Avec le temps, j'ai petit à petit délaissé Photoshop. Je me contente aujourd'hui des versions CS3 ou CS4, qui à mes yeux contiennent tout ce dont j'ai besoin en tant que photographe. DXO et Lightroom ont progressivement pris de l'importance dans mon workflow, comme on dit. Et le logiciel phare d'Adobe me sert essentiellement pour les montages et les « mises en pages » de mes images.

Sniff !

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Une pensée et un petit pincement au cœur… Parce que, ça y est, cette fois, c'est la bonne. Dans quelques jours, deux de mes fidèles Nikon D700 et D300s partent à la vente. J'ai fini par me persuader que c'était maintenant ou jamais, avant que la décote ne m'oblige à les refiler dans un vide-grenier. Et puis, il faut bien dire que des petits nouveaux les ont un peu poussé dehors… Salauds de jeunes ! Il n'empêche, ces boitiers resteront pour moi (et pour pas mal d'autres aussi) comme les meilleurs qu'ait produit la marque jaune, et certainement parmi les plus beaux appareils que j'ai possédés. Ni trop gros, ni trop petits, pros comme il faut, increvables et rapides, et je pourrais continuer les éloges longtemps (voir mes billets précédents… ;-). Tout ce que je leur souhaite, c'est que leurs nouveaux propriétaires continuent à les faire bourlinguer sans compter. Ils méritent bien çà. Bonne route vieux compagnons !
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PS : Avec trop de clics au compteur pour être revendu, un de mes D700 restera à la maison. On ne peut quand même pas briser un mythe comme çà !!!

The times they are a changin'

Tout au long de l'été, je me suis demandé ce que j'allais bien pouvoir écrire dans cette chronique. La torpeur estivale me donnait l'impression qu'il ne se passait pas grand chose dans le Landernau photographique. Ou que ce qu'il s'y passait était hélas peu encourageant pour la suite…
Et puis voilà, c'est la rentrée, et c'est kiné, pardon Kina. Comme tous les deux ans, la foire de Cologne est l'occasion d'un grand déballage technologique, donc le moment ad hoc de faire le point sur les futurs jouets à commander pour Noël.
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Alors quoi de neuf, docteur ?
Soyons franc, je ne parle ici que de ce qui m'intéresse, et de mes marques favorites. Ne vous attendez pas à une revue objective à 360 ° de l'offre photo 2014… Mais bon, avec trois grandes majors qui entrent dans mon périmètre d'intérêt, cela donne quand même la température.
tumblr_inline_ncappaYxkJ1r0y5gb- La palme de la ficelle marketing revient à Nikon, avec la sortie du nouveau D750. Quand j'ai lu les prémices de cette nouvelle savamment distillée sur internet quelques semaines avant la Photokina, mon sang n'a fait qu'un tour. Pensez-donc, le voilà, le successeur du mythique D700, le plus beau et le plus intelligent boîtier construit par la marque jaune (si, si…). Le temps serait-il venu de me séparer de mes fidèles machines, et par la même occasion de me délester de quelques euros sonnants et trébuchants ? Eh bien, jusqu'à nouvel ordre, rien n'est moins sûr. Certes, le D750 est une très belle bête et a presque tout ce qu'il faut pour séduire. Mais son patronyme ne suffit pas pour en faire le successeur légitime de son glorieux ancêtre. C'est plus simplement un beau boîtier « prosumer », comme on dit, avec des tripes de course dans une carrosserie light. J'attends de l'avoir en mains pour me faire une idée définitive, mais Nikon a poussé le bouchon un peu loin en com’, histoire de faire oublier la bérézina technique du D600 et l'enterrement de première classe de la série D300 (autre machine mythique…)tumblr_inline_ncapptRZ8a1r0y5gb                                                 M3 et MA … qui est qui ???
- La breloque du « je ne sais pas quoi en penser » est pour Leica. Oser sortir en 2014 le MA, boîtier argentique, copie conforme du M3 des années 60, avec les trémolos vantant le merveilleux « cloc » de l'obturateur en caoutchouc, il faut le faire, surtout pour la modique somme de 3750 euros seulement. Je ne sais pas qui va acheter ce truc, mis à part des collectionneurs invétérés pour le mettre sur les étagères, alors que l'on trouve des M4, M6, M7 à la pelle sur le marché de l'occasion pour souvent moins de 1000 euros. Personnellement, je n'échangerais pas mon vieux M6 contre ce bellâtre … Mais là ou la marque de Wetzlar frappe encore plus fort, c'est quand elle propose un M numérique sans écran de contrôle arrière… Ils sont impayables, ces allemands !!!tumblr_inline_ncapqeRvT41r0y5gb
- Nostalgie, quand tu nous tiens… Fuji, qui flirte avec un succès mérité sur la tendance vintage, propose dans ses futures machines une émulation couleur « classic chrome », autrement dit une simulation du rendu du légendaire Kodachrome. Belle idée, parce que les couleurs, chez Fuji, ils ont toujours su faire, et l'effet à l'air convaincant. Par contre, je doute que les générations actuelles soient sensibles à l'argument, car qui parmi les jeunes photographes n'a jamais utilisé cette pellicule diapositive ? Ceci étant, les appareils des petits hommes verts sont de mieux en mieux, contrairement à d'autres… Le X100 T et le X 30 « raffinent » intelligemment des recettes à succès. Well done !
En fait, la Kina cru 2014, c'est juste un peu ch…t … Du beau matériel, mais rien de bien excitant. Des améliorations plutôt que des innovations. Sans doute parce que ça y est, on est au taquet. Nos appareils, depuis quelques années déjà, sont top-notch. Le reste, c'est juste pour faire avancer le Schmilblick, comme aurait dit Papy Mougeot…
Ah, si, j'oubliais le mot magique : CONNECTE. Tout le monde l'est, toutes les marques veulent l'être, dans le sillage des smartphones. Résultat, WIFI et GPS à tous les étages, on envoie du bois à 24 millions de pixels dans les nuages, et on verra bien ce qui arrive.
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Cette vague de connectivité me remet à l'esprit un épisode lointain de mes pérégrinations photographiques. Il y a fort longtemps de cela, plus de vingt ans ma bonne dame, je bricolais sur le port de Papeete (oui, Tahiti, les îles, les vahinés…) avec ma chambre folding Horseman que j'avais emmené prendre l'air de l'autre côté du monde. Déjà, à l'époque ça intriguait, de plus dans ces contrées lointaines. En moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, j'étais abordé par une pétillante postulante Miss Tahiti en chair et en os qui souhaitait que je la prenne en photo pour le concours…
Aujourd'hui, comme n'importe quel péquin, j'ai un compte Instagram sur lequel je m'évertue à poster depuis un an une tentative de carnet de notes photographiques plus ou moins absconces (et plus ou moins réussies…). Je suis « liké » par un tas de personnes que je ne connais pas, dont de merveilleuses jeunes filles qui sont visiblement tombées par hasard sous le charme de mes images. Comme l'adorable Peggy92 (j'ai changé son nom, question de délicatesse) qui n'en manque pas, de charmes. Mais elle ne m'a pas demandé de la prendre en photo, elle, et je soupçonne qu'elle ne le fera jamais. Tristesse infinie…
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Je ne suis pas certain que la jolie demoiselle soit vraiment fana de mes images ;-)
Rien à voir avec ce qui précède, mais respect infini, par contre, pour une jeune femme photographe iranienne, Newsha Tavakolian (
http://www.newshatavakolian.com), lauréate du Prix Carmignac, qui vient de rendre son prix pour cause de désaccord profond avec l'organisateur. Un îlot de résistance dans un océan de désordre.
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Aujourd'hui, je dois annoncer que suite à d'irréconciliables différences de vues concernant la présentation de mon travail, je rends l'argent de la bourse, je renonce à accepter le Prix Carmignac Gestion du photojournalisme 2014 et je romps toute coopération avec cette fondation et son créateur, le banquier d'affaires Édouard Carmignac.
J'ai accepté de concourir pour ce prix parce que je nourrissais la conviction que j'aurai toute liberté artistique pour créer un travail fidèle à ma vision en tant que photojournaliste reconnue et photographe d'art. Malheureusement, à partir du moment où j'ai rendu mon travail, M. Carmignac a insisté pour éditer mes photographies personnellement et altérer les textes qui les accompagnaient. L'interférence de M. Carmignac dans mon projet a culminé lorsqu'il a choisi un titre totalement inacceptable pour mon travail, qui aurait irrémédiablement miné mon projet.
L'insistance de M. Carmignac à changer des aspects essentiels de mon travail aurait pu avoir pour effet de transformer une tentative subtile de présenter les réalités de la vie de ma génération en Iran en une vision grossière et remplie de clichés de mon pays. Son obstination à changer le titre du projet de Blank Pages of an Iranian Photo Album (Pages blanches d'un album photo iranien) pour un titre sur-utilisé et connoté, The Lost Generation (La génération perdue) n'était tout simplement pas acceptable pour moi. “ (message extrait de sa page Facebook)
Allez, pour conclure en beauté, si vous avez cinq minutes, allez voir le travail de Laura El-Tantawy, photographe anglo-égyptienne. (
http://www.lauraeltantawy.com/) Ca rend modeste et ça calme.

Ooohh mon labo ... (souvenirs d'un ex-rat de laboratoire)

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Par ces belles journées d'avant-été, plombées par une chaleur du même métal et des grèves intermittentes, je m'affairais méthodiquement au montage d'une vaste exposition prochaine. Et subséquemment, aux joies et aux peines de la mise en place de tirages géants. Passons sur les détails, les collages et décolérages d'affiches rétives à leur bon maintien sur les cimaises sensées les accueillir. Pour faire court, je fus contraint de faire de la retouche manuelle sur des images millésimées numérique. De la repique, comme on disait avant. Mais ça c'était avant. Me voici donc, lors d'un passage obligé à Paris, quêtant un flacon de « gris film » auprès de l'un de mes fournisseurs photographiques préférés. Miracle, cette excellente boutique en avait en stock au fond d'un tiroir oublié…
Cet événement majeur investissant mon existence a fait ressurgir brièvement des bouffées nostalgiques de mon passé de preneur d'images. Mon labo. J'avais presque oublié son existence, depuis que je l'avais offert il y a quelques années à des jeunes gens gourmands de surfaces sensibles. Et cela faisait déjà belle lurette que je l'avais mis à la retraite, semblant me souvenir que ma dernière séance sous ses lumières rouges datait de 2003…
Mon labo, c'était un vrai labo, pas un coin de salle de bains aménagé précairement pour l'occasion. Cet espace disponible et réservé, c'était même une des raisons pour laquelle nous avions choisi l'appartement parisien acquis dans les années 80.
Y trônèrent successivement un Durst B30 puis un Durst M370, avec leurs objectifs Rodenstock et Fuji. Avec le M370, on pouvait tirer des images allant du 24X36 au 6X7. De la balle, même si de temps en temps son transformateur faisait des siennes en grésillant méchamment.
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Bien que parfaitement isolé de la lumière, ce n'était curieusement que le soir, et jusque tard dans la nuit, que je fréquentais le lieu, vite empli de l'odeur tenace des chimies. Mes bidons abritaient le plus souvent des révélateurs et fixateurs Tetenal, tandis que les étagères accueillaient des boites d'Ilford Multigrade ou Galerie, de Tetenal et de Seagull exotique…
Au matin, j'aimais redécouvrir, l'oeil reposé, les tirages prenant leur bain de lavage dans leur cuvette rouge (la verte, c'était pour le révélateur, la jaune pour le fixateur, ne me demandez pas pourquoi !)
Il ne restait plus, une fois séchés, qu'à repiquer patiemment ces tirages, au gris film justement… Et là, il y avait du boulot, parce que les pétouilles, du temps de l'argentique, c'était légion. J'essayais de m'y appliquer, depuis que, lors d'un workshop avec Pascal Dolemieux, de l'agence Métis, ce dernier m'avait demandé si j'avais tiré chez le coiffeur les images que je lui montrais ;-))
Voilà. Une bouffée de souvenirs. Un reste d'odeur acre et tenace sur les mains. Un bain de lumière rouge, et le léger cliquetis du timer qui dictait les temps de pose. Ca tient à peu de choses, la nostalgie, finalement.
PS : Je n'ai hélas pas gardé de photo de mon laboratoire à ses heures de gloire. Il ne reste que ces clichés, alors qu'il servait davantage de placard et de remise à pinard… Drôle de fin !
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T'as pas 100 balles ???

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Je viens d'avoir une idée géniale. Au lieu de m'escrimer à contenter des clients de plus en plus difficiles, d'essayer de valoriser mon cv et mes compétences alors que j'ai passé l'âge, je crois que je vais tout simplement taper les autres.
Mais attention ! Pas de vulgaire « je n'ai plus de travail, vous savez, les temps sont durs, il faut aider les artistes … », non, non, trois fois non. Je vais tout simplement lancer une grande campagne de crowdfunding. Là, tout de suite, maintenant. J'ai des besoins énormes, et des ambitions aussi. Ca tombe bien, visiblement, le crowdfunding, ça marche du feu de dieu.
Ces derniers temps, mon mail m'a fortement sollicité pour des projets divers et variés, émanant de copains, de connaissances professionnelles, et d'illustres inconnus. Parfois, j'ai mis la main à la poche, histoire de contribuer à une future œuvre certainement immortelle d'un non moins futur Steven Spielberg en devenir lointain. La recrudescence récente des sollicitations, outre me donner des idées, a suscité ma curiosité. Je suis donc allé voir sur les plus grands sites de financement participatif ce qu'ils disaient. A la rubrique « statistiques », les graphiques sont sans appel. Depuis 6/8 mois, c'est décollage à fond les manettes.
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Très intéressant aussi, les projets les plus soutenus sur ces plateformes : si la musique, le cinéma et la vidéo arrivent en tête (c'est fou le nombre de Coppola et consorts qui vont naître dans les prochaines années …) la photographie n'est pas mal placée. D'où ma génialissime idée, qu'il est temps de dévoiler.
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Mon projet : « le tour du monde en 3650 jours » .
Pour aller à la rencontre des peuples et témoigner sur mon blog avec des photos et des interviews. Peut-être même qu'après je ferai un bouquin édité à compte d'auteur (et en financement participatif of course) … Une vraie idée forte et originale, jamais vue en plus. Mieux que Salgado et ses grands projets écologiques et humanitaires. Pourquoi 3650 jours ? Ca fait bien et ça fait tout juste 10 ans. Juste le temps pour moi de finir en beauté une carrière et une œuvre mémorable. Objectif financier : 365 000 euros seulement, couvrant les frais d'expédition, de logement et de vie pour moi et ma moitié (je ne vais pas partir seul, quand même, hein? Et je ne suis pas gourmand, c'est équivalent à 100 euros par jour, ce n'est pas du luxe). Sachant que le seuil moyen de contribution est de 56 euros, il suffit de convaincre un peu plus de 6000 personnes du bien fondé de ma démarche. Sur les réseaux sociaux, j'ai déjà un millier de contacts, avec un petit peu de chance, on devrait bien y arriver…
Voilà, voilu. Notez que je finance par mes propres moyens le matériel photo, et je fais ça pour alléger la note. Parce que ce n'est pas l'envie qui me manque de faire participer la foule à mon excellence équipementière.
Bon alors, je le lance ce projet ? Vous me suivez ? Pour les sceptiques, je ferai remarquer que c'est autrement plus ambitieux que, par exemple :
  • Vesoul de nuit, une exposition et un autre regard sur la ville (100 % collectés)*
  • Délivrance 2, la descente photographique de la Durance en kayak (122 % collectés)*
  • Vues de dos, financement de la première expo de portraits vus de dos (106 % collectés)*
Une dernière hésitation : je vais sur KissKissGangBang (beau programme !) ou sur Pustule (belle promesse !) ???
PS : Blague à part, le crowdfunding, c'est un véritable phénomène. Et par les temps qui courent, une alternative crédible aux financements de plus en plus difficiles. Mais c'est aussi la faillite d'un métier, celui de producteur, le signe que certains ne font vraiment plus leur boulot (les banques), le risque aussi de l'apparente facilité pour lancer n'importe quoi par n'importe qui …
* les noms des projets ont été volontairement changés, mais ils existent, si, si …
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