Bernard Tribondeau



Dernières nouvelles du monde
September 2013

Choisis ton camp, camarade !

tumblr_inline_mtocbe3A831r0y5gbJe ne sais pas si c'est la rentrée, la crise qui s'étire, le blues de l'automne, les années qui passent, la presbytie qui progresse, bref, ça fait quelques temps que je me pose cette bonne/mauvaise question : est ce que ça vaut le coup de continuer à jouer les cacous avec des appareils photo alors que le monde change à vitesse grand V et que finalement, il y a peut-être mieux à faire dans les années à venir …
En plus, j'ai des mauvaises lectures, la prose de petits camarades qui disent souvent des choses sensées -et drôles- comme Frozen Piglet (Que c'est beau la photographie : http://bit.ly/18o7kMH), Hervé Le Gall (Shots : http://bit.ly/1b8zJrK), Daniel Castets (La Grenouille : http://bit.ly/15xE ZRp) ou encore, bien plus anciennement, les chroniques de Pierre Madrid (http://bit.ly/1b8BCEB).
Bref, tout cela m'a amené laborieusement (j'ai toujours été un feignant besogneux) à dresser la liste des pour et des contre à mon existentiel questionnement. A ce jour, je n'ai pas encore tranché, mais pas d'affolement, je vous tiendrai au courant, je vous sais impatient(e)s !!!
Dix vraies raisons d'arrêter la photographie avant qu'il ne soit trop tard …
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Vous savez, il n'y a plus de budget !
En quelques années, les budgets photo ont fondu comme neige au soleil. D'accord, c'est la crise, et elle a bon dos. Ce n'est pas une raison pour être payé des queues de cerises, être obligé de relancer comme un malade pour toucher son dû, négocier tel un marchand de tapis pour se faire payer les droits d'utilisation, vendre ses images tous droits compris pour 5 ans (et pourquoi pas 10, d'ailleurs), etc. Il faut reconnaître qu'il y a encore des gens corrects dans ce business, mais on commence à les compter sur les dix doigts… Le mythe tellement répandu du tout gratuit -ou presque- (micro stocks, clichés libres de droits, téléchargements gratuits, etc.) a tout définitivement pourri …
Le droit à l'image m'a tuer
La « street photography », aux States c'est hype, mais ici, c'est ringard, et quasiment illégal … Essayez-donc de faire de la photo dans la rue aujourd'hui en France (et dans pas mal d'autres pays européens d'ailleurs)… Vous vous ferez prendre à partie par le premier venu éructant que vous ne lui avez pas demandé la permission d'immortaliser sa bobine de star. Et si par hasard vous survivez à la jungle du trottoir, vous ne pourrez rien faire de vos images parce que vous n'aurez pas les autorisations de publications nécessaires. Conclusion, il n'y a plus qu'a prendre les gens de dos et en contre-jour si vous voulez être réglo… ou bien tout reconstituer en studio (ou ailleurs), et là, vous avez des chances de finir accroché dans les meilleures galeries …
Des commandes marrantes… ? Mais vous croyez encore au Père Noël !
Encore la foutue crise, mais pas qu'elle. En presse, tout le monde le dira, finis depuis belle lurette les « assigments »sympas, le people et la vague du portrait à tout va ont tout emporté. Mais fait nouveau, le corporate qui était encore épargné a cru bon de singer la presse… Il suffit de regarder les couvertures de la majorité des journaux d'entreprise pour s'en convaincre. Il y a une tronche en gros plan sur 90 % d'entre eux. Un portrait, c'est bien, ça dit tout ou rien, ça ne prend pas trop de temps à shooter, donc ça coûte moins cher, on y revient encore. Attention, je n'ai rien contre les portraits, et je connais de fabuleux portraitistes, que l'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit, mais de l'uniformité naquit l'ennui, et là, ça y est on commence à s'emmer… grâââve !
Technologie mon œil
J'adore les jouets. Et mes jouets de grand, ce sont les appareils photos et autres périphériques tout pleins de pixels… Mais force est de reconnaître que l'on s'est fait avoir. L'obsolescence programmée est une invention diabolique qui vous culpabilise (votre matos ne vaut plus rien dès que vous l'avez acheté, le petit copain d'à côté en a un plus gros que vous, etc.) et qui a une fâcheuse tendance à vider votre porte-monnaie à la vitesse de la lumière. En plus, il faut être un bourrin pour rater techniquement une photo aujourd'hui, vu la sophistication des boîtiers. Résultat, un tas de gens se prennent pour des photographes et inondent l'internet de leurs prouesses visuelles, encouragés par les « like » ou autres « awesome » de leurs pairs. Et comme en plus ils sont en quête de reconnaissance, c'est du pain béni pour les diffuseurs qui ont ainsi accès gratuitement à une banque d'images de la mort qui tue.
Les webdocs (et consorts) sont des pièges à c…
Ca a été la coqueluche des dernières années, ç'est encore à la mode : les webdocs et autres POM (petites oeuvres multimédia) étaient là et allaient sauver les pauvres photographes menacés…Reconnaissons qu'il y a des productions très bien dans ce registre, même des choses remarquables, mais à quel prix ? Produire un bon webdoc coûte une fortune, et j'attends que l'on me prouve le contraire. Qui va financer ça aujourd'hui, alors qu'il n'y a déjà plus un kopeck pour produire un reportage décent … Le modèle économique de la chose n'a pas encore été trouvé …
Les p'tits jeunes auront votre peau
De tous temps, les plus jeunes ont pris le dessus sur les vieux de la vieille. Et c'est très bien comme çà, sauf qu'aujourd'hui, les gamin(e)s sont né(e)s avec des cuillères d'octets dans la bouche, et ont apprivoisé les nouvelles technologies de l'image sans arrières pensées et sans oeillères. Résultat, ils vont plus vite, plus loin et moins cher que vous, et vous pouvez toujours courir … Ils inventent de nouveaux modes de travail, de nouvelles relations avec les media, sont prêts à manger des nouilles sans beurre pour réussir … Ce n'est pas neuf, mais c'est encore pire qu'avant !
Vous voulez les voir mes belles images ?
Mais qu'est ce qui m'a pris récemment de décrocher mon téléphone pour prospecter de nouveaux clients ??? Pourquoi je ne suis pas resté les fesses sur ma chaise devant mon MacBook à envoyer des demandes de contacts virtuelles ? Quelle idée stupide que de vouloir aujourd'hui rencontrer de visu (c'est ballot, non, pour un photographe …) des interlocuteurs avec qui vous souhaiteriez un jour travailler. Je m'y attendais un peu, mais j'ai vite déchanté, je me suis fais jeter dans 80 % des cas au bout du fil …Au passage d'ailleurs, un grand « Big Like » à celles et ceux qui ont dit oui sans hésiter à ma demande de rendez-vous. Par les temps qui courent, c'est courageux !!! J'espère juste ne pas les décevoir avec mes books tout pourris et mes images de papy …
Instagram, bourre et bourre et ratatam
Ce n'est pas tout de mettre de jolis cadres et de belles couleurs marrantes sur des images prises n'importe comment avec un smartphone dernier cri qui tue. Il faut en plus inonder la planète avec ces millions (que dis-je ???) d'instantanés plus ou surtout moins intéressants les uns que les autres. Et il y a même des maniaques qui collectionnent sur leurs blogs ces images. Et enfin quelques reporters se sont lâchés avec leur iPhone pour immortaliser les combats d'Alep ou de Benghazi, et le Time Magazine a même fait sa Une avec des images instagramées pour couvrir le cyclone Sandy … My God !!! Je conseille la lecture de cet article bien ficelé sur les méfaits du phénomène. En plus, c'est bien écrit, ça ne gâche rien … c'est ici :
http://bit.ly/16h2qkt . Bref, faisons court, ASSEZ de cette logorrhée visuelle !tumblr_inline_mtocyncsAg1r0y5gbLes “pandas” de Flickr vomissant leur torrent d'images
Le conceptuel, c'est plastichiant
Que voilà un autre ennemi : la photo plasticienne, conceptuelle, distanciée, objective, frontale et j'en passe. Malheur à Bernd et Hilla Becher d'avoir photographié méthodiquement durant les années 50, châteaux d'eau, usines désaffectées, puits de mines et autres silos à grains. Avec beaucoup de talent, ils ont largement contribué à populariser la photographie dite « contemporaine », dans laquelle se sont engouffrés moults artistes et moults charlatans. Résultat, aujourd'hui, vous êtes un gros has-been si vous ne montrez pas vos images de façade d'immeubles ou de paysages à mourir d'ennui en 2 mètres sur trois, de préférence sur Dybon … Le tout à 15000 $ le bout minimum dans une galerie trendy.
tumblr_inline_mtod0m0WGE1r0y5gbcopyright Bernd et Hilla Becher
C'était mieux avant
Voilà, c'est définitivement dit, et ça ne souffre pas la contradiction, d'ailleurs, vous les djeunes, vous z'avez pas connu, alors, circulez, y'a rien à voir !
10 bonnes raisons de continuer à photographier pendant qu'il est encore temps
tumblr_inline_mtocsdu5921r0y5gb“Happymatic” - Bernard Tribondeau
Vous voulez les voir mes belles images (bis)
Pauvre pleurnichard qui vous lamentez devant la difficulté à décrocher un rendez-vous avec l'acheteur d'art qui va vous sauver la vie, vous feriez mieux de regarder ce que vous offre la modernité pour montrer vos chefs d'oeuvre. Jamais, mais alors JAMAIS, il n'a été aussi facile de diffuser ses images auprès du plus grand nombre ou d'une audience pointue. Avec internet, votre site et/ou votre blog seront votre meilleure carte de visite. Si en plus vous jouez un peu avec les réseaux sociaux, vous avez la win-attitude !!! Personnellement, près de 50000 visiteurs viennent chaque année regarder mes images sur mon site, mes photos sur Flickr ont été visionnées des dizaines de milliers de fois en 3 ans de présence, etc. Essayez-donc d'avoir autant d'occasions dans la « vraie vie »… Bon d'accord, ça ne veut pas dire que mes images sont des chefs d'oeuvre, que je vais enfin devenir célèbre, que les commandes vont pleuvoir, mais de tout cela, je n'ai jamais douté ;-)) …
Le matos et la technologie, ça a du bon
Comme je l'ai écrit plus haut, je m'amuse bien avec mon matériel photo. C'est même addictif, j'ai compté lors d'une insomnie l'autre nuit que j'avais dû acheté/revendre une trentaine de moutons, pardon, de boitiers lors des 15 dernières années… Sûr que c'est un peu trop, il faut que je me calme. Mais sérieusement, il y a de quoi craquer pour du beau matériel aujourd'hui. Les derniers Nikon, Canon, Leica, Fuji, Olympus et leurs petits copains regorgent de trouvailles techniques fabuleuses. A nous les images faisables même quand on y voit rien, les prises de vues « dead silent » dans les salles de concert ou dans la rue, le traitement des images aux petits oignons en deux coups de cuillère à pot avec les derniers softs …
Photographe, c'est toujours « Meetic » dans la petite boutique
Le charme dévastateur du photographe est de notoriété publique. Or, je me plaignais en plaisantant dans un post précédent que l'attrait du zoom ne faisait plus tomber en pâmoison les jeunes femmes. Il paraît que ce n'est pas vrai, je tiens cela de plusieurs commentatrices de toute confiance qui ont lu mes élucubrations. Donc, mettons personnellement ce mollissement séducteur sur le compte des années affichées au compteur, et n'en parlons plus. Jeune photographe, ne t'inquiètes pas, ton charme agit toujours. Quant aux jeunes filles, la question ne se pose même pas !!!
Il y a quand même de sacrément belles images !
On peut s’‘agacer devant une tendance à la masturbation photographique, il y a quand même de très bonnes choses contemporaines qui circulent. Ce qui suit n'a rien d'exhaustif, juste un panorama de petites perles glanées de-ci de-là au cours des dernières années. Soit dit en passant, le jour ou j'arriverai ne serait-ce qu'à la cheville (allez, allons jusqu'au genou) de ces gens-là, promis, je paye une tournée. Donc, quelques coups de cœur, dans le désordre : Scarlett Coten (
http://bit.ly/18UoUBR), Ronan Guillou (http://bit.ly/1ffBkha), Ruben Brulat (http://bit.ly/1ffBy7L), Michael Christopher Brown (http://bit.ly/18UpuQ6), Wolfgang Tillmans (http://bit.ly/18Uq8gi), Huang Jing (http://bit.ly/R1IgSE) …
Photographe, un métier de feignant
C'est pour çà, au départ, que j'ai choisi ce boulot. Un truc de feignant, vous n'avez qu'à appuyer sur le bouton, et hop, c'est dans la boîte… En fait ce n'est pas tout à fait vrai, ce métier est un vrai métier, chers lectrices et lecteurs. Avec ce qu'il faut au départ de culture générale, de savoir technique, de connaissance de la lumière (moi, je dois cet apprentissage à un cousin, photographe professionnel en province et grand collectionneur de Leica et autres Foca, qui m'initia il y a 40 ans de cela aux subtilités de la prise de vues et du laboratoire, merci à toi Leo !). Avec aussi ce qu'il faut de curiosité, de remise en cause, de modestie, d'amour propre, et j'en passe. Malgré les bousculades de l'époque, cela reste un métier passionnant. D'ailleurs, il n'y a jamais eu autant de jeunes qui veulent devenir photographes. Et en plus, il y en a plein qui sont des bons, ce qui vous donne des coups de pieds aux fesses pour avancer. Il y a un grand monsieur qui parle de ça bien mieux que moi, c'est Eric Bouvet, plusieurs World Press à son actif, excusez du peu : c'est à lire ici :
http://bit.ly/17pjCQg
Les gens sont formidables
L'autre (principale) raison pour laquelle j'ai voulu être photographe, c'est le rapport aux autres. Le jour ou même la prise de vue sera dématérialisée, où il n'y aura plus besoin d'aller sur place faire les images, ce jour-là , ok, je rendrai mon tablier (mais bon, ce n'est pas prêt d'arriver, la retraite, ça sera avant …) C'est fou ce que les gens sont intéressants, et surtout ceux que l'on ne soupçonne pas. Bien malgré moi, je me suis fait une (toute petite) spécialisation de portraitiste de « gens ordinaires » : jeunes, ouvriers, agriculteurs, petits commerçants, travailleurs de bureau … Je ne compte plus les anecdotes amusantes, touchantes, vivantes liées à ces rencontres d'une banalité de façade. Et ça aussi, c'est l'une des grandes joies de ce métier. Rien que pour cela, je le referais.
Total respect à eux
Ce sont les plus grands, les plus beaux, les meilleurs : regarder leurs images donne envie de sortir faire un tour avec son appareil photo. Et d'essayer d'approcher leur talent. Allez, une petite série pour la route, c'est mon Graal à moi : Ferrante Ferranti (
http://bit.ly/18UqgMS, Bernard Plossu (http://bit.ly/19A2Kpx), Pierre Olivier Deschamps (http://bit.ly/19A2Tcy), Dolores Marat (http://bit.ly/19A3aw2), Eric Franceschi (http://bit.ly/19A3niT), Oan Kim (http://bit.ly/19A3Kd6), Gueorgui Pinkhassov (http://bit.ly/1b8WfR4), Trent Parke (http://bit.ly/1b8X5NM), Mimmo Jodice (http://bit.ly/1b8XcsQ) … Moi je dis, respect, y'a plus qu'à !
Tout a été fait, tout reste à faire
« On arrive trop tard, tout a déjà été fait ». Combien de fois ai-je pu entendre/lire ces bêtises ? J'imagine que de tous temps ces affirmations défaitistes ont été proférées. Et alors ? Si vous êtes dans ce bizness, c'est justement pour essayer de faire ce qui n'a pas encore été fait, ou faire mieux que ce qui existe déjà, ou encore le faire différemment … Sans cela, laissez tomber. Ce qui est intéressant, dans tout acte créatif, c'est justement cette espèce d'attraction pour l'inconnu, genre allez on tente le coup, on verra bien si ça marche… Et si ça ne marche pas, quelle importance. Se planter n'est vraiment pas gravissime. Ce ne sont que des images …
Instagram, re-bourre et bourre et ratatam!
Certes, c'est un détail et ça n'intéresse que moi. Mais sachez que je me suis mis à Instagram, la faute au tout nouveau smartphone que je viens de m'offrir. Dans l'ancien temps, j'avais des Polaroids, pour photographier à l'instinct, n'importe quoi un peu n'importe comment. Maintenant, j'ai Instagram (ou Hipstamatic, pour d'autres)…
« L’objectif d’Instagram est de fournir une excuse aux gens qui n’ont pas le moindre début de goût pour vomir leur vocation artistique contrariée sur les gens avec qui ils sont allés à l’école. » (Clive Martin,
Vice )… Et bien, justement, l'idée, c'est d'essayer de ne pas vomir un tas de boue. De tenter une espèce de « diary » instinctif en profitant de la facilité de l'objet smartphone. D'utiliser les limites et les trucs/tics de l'appli pour en faire quelque chose de regardable. En se méfiant des effets comme dirait Bernard Plossu citant Gauguin : “Les effets ça fait bien, ça fait de l'effet”. Plossu qui, s'il devait se mettre au numérique, choisirait sans doute un mobile, pour remplacer ses célèbres Nikkormat.
En plus, sur Instagram, je vais être en bonne compagnie. Pinkhassov, ou encore Pete Souza, le photographe attitré de la Maison Blanche, s'y sont mis aussi. … C'est fou ce que je suis modeste …
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Marseille, matin … Bernard Tribondeau
C'était pire avant
Avant, il fallait acheter de la pellicule, ça coûtait cher. Avant, il fallait faire développer ses photos, ou le faire soi-même. Ca coûtait encore cher, ou alors ça puait la chimie et ça ruinait la peau des mains. Avant, il fallait dépenser des fortunes en téléphone et en déplacements pour rencontrer d'éventuels commanditaires. Avant, il fallait attendre avant de voir qu'on avait loupé ses photos. Avant, il fallait acheter des bouquins hors de prix ou fréquenter les expos forcément parisiennes pour découvrir de nouvelles images. Bref avant, c'était l'enfer, maintenant, c'est le meilleur des mondes.
Voilà. Si vous avez eu le courage de me lire jusque là, vous pourrez vous aussi avoir une opinion sur le sujet. Et si vous avez des conseils à me donner sur la suite de mon aventure photographique, n'hésitez pas, je suis preneur ! Allez, sur ce, clic-clac, merci Kodak !

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